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Jbel Irhoud, aux origines d’Homo sapiens

(Commune Tlat Irhoud)

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Le site de Jbel Irhoud (Commune de Tlat Irhoud, province de Youssoufia) se situe à environ 100 kilomètres à l’ouest de la ville de Marrakech. Il est connu pour les nombreux fossiles humains qu’il a livré, dont essentiellement les 2 crânes d’adultes, Irhoud 1 et 2, la mandibule et l’humérus d’enfant, successivement Irhoud 3 et Irhoud 4.

Les travaux menés dessus à partir de 2004 ont permis la mise au jour, entre autres, des outillages lithiques du “Middle Stone Age” et d’autres restes humains et fauniques. Mais, si la dation de ces vestiges a longtemps été obscurcie par l’imprécision persistante qui entourait leur âge géologique, à présent celui-ci est établi aux environs de 300 000 ans BP. Cette donne est venue ébranler une thèse établie depuis les années 1980 et qui privilégiait une origine subsaharienne, et plus particulièrement est-africaine, en la datant d’environ 200 000 ans BP. De fait, avec les nouvelles datations émanant du site de Jbel Irhoud, notre propre espèce prend un coup de vieux d’au moins 100 000 ans. Cela replace ainsi l’Afrique du Nord au cœur des débats relatifs à l’origine de l’espèce Homo sapiens et fait des restes fragmentaires d’au moins 5 individus, émanant de Jbel Irhoud, la documentation anthropologique la plus riche et la plus ancienne de cette espèce. Le nombre de restes humains est ainsi passé des 06 suscités à 22 fossiles humains.

Sur le plan morphologique, les Hommes de Jbel Irhoud devaient posséder déjà une face et une denture d’allure moderne presque indiscernable de celle des Hommes actuels. C’est dire que  la face humaine a acquis précocement ses caractéristiques modernes, mais que la forme du cerveau et probablement ses fonctions ont continué à évoluer au sein de la lignée d’Homo sapiens. En effet, en dépit d’une boîte crânienne qui est certes de grande taille, elle conserve toutefois une forme oblongue et certains aspects archaïques. En somme, l’analyse anthropologique révèle que les fossiles d’Irhoud appartiennent à une 1ère phase évolutive panafricaine d’Homo sapiens qui est directement ancestrale des Hommes modernes.

Sur le plan de la production lithique, Il est très probable que les innovations techniques qui caractérisent le Middle Stone Age soient associées à l’émergence d’Homo sapiens. Des assemblages lithiques similaires à celui de d’Irhoud sont connus dans d’autres régions d’Afrique vers la même époque et témoignent probablement de changements adaptatifs qui ont permis à Homo sapiens de se répandre sur le continent.

Les fossiles d’Irhoud ont, par ailleurs, été retrouvés  associés à une faune du Pléistocène moyen. Celle-ci est variée et est caractéristique d’un milieu ouvert. Elle est composée, entre autres, d’au moins une trentaine d’espèces de mammifères avec une prédominance de Gazelles.

Mots clefs                                                      

Irhoud, Homo sapiens, Pléistocène, Middle Stone Age…

Institution impliquées 

Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP)

Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology (MPeva)

Equipe de recherches

Pour l’INSAP : Abdelouahed Ben-Ncer (co-directeur), Fethi Amani et Mohsine El-Graoui

Pour l’IMPeva : Jean Jacques Hublin (co-directeur), Shannon MCPherron, Jean-Paul Raynal et Terea Steele